La non-dualité et la voie du bodhisattva
Partout, des êtres chantent le Gayatri Mantra dans leur cur, et ce chant ressemble à une brise de purification qui souffle sur notre terre. Vingt-quatre heures par jour, ce mantra émane d'un grand courant sous-jacent d'altruisme. Mais qu'est-ce donc que ce mantra et pourquoi revêt-il une familiarité aussi envoûtante pour ceux qui l'entendent pour la première fois ? Voilà plusieurs siècles qu'une succession infinie de voix chante le mantra pour la totalité de l'existence. C'est la lignée du Gayatri. Il est certain que cette lignée éternelle intensifie l'attraction magnétique que les êtres ressentent en entendant ce merveilleux mantra. Chanter le mantra pour la totalité de l'existence nous relie à la totalité de la conscience. En fait, ce lien est toujours présent. Cependant, il n'est pas toujours réalisé. Ecouter ou chanter le Gayatri Mantra, c'est un rendez-vous avec l'unité. Telle est la vie du bodhisattva : servir, pour l'illumination de chaque être, de nourriture et de support à ce mantra merveilleux, ainsi qu'aux bénédictions d'une myriade d'expressions, à travers la totalité du temps et de l'espace. Le Mahayana Le terme "Mahayana" signifie : "Noble Sagesse la plus élevée" ; cependant, il représente un système et en tant que tel, possède ses qualités. Le Mahayana en lui-même est dépourvu de forme et de structure. A l'intérieur du système du Mahayana du Bouddhisme, du Vajrayana, du Ch'an et du Zen, il y a un ordre d'êtres appelés les bodhisattvas. Les bodhisattvas sont ces "êtres" qui font le vu de faire franchir la porte de l'illumination à chaque être sensible, et ce jusqu'au dernier, avant de réaliser eux-mêmes l'illumination. J'appelle les bodhisattvas des "êtres", parce qu'ils ne sont pas toujours humains et ne résident pas uniquement sur terre. "Bodhisattva" veut dire "être illuminé" : "bodhi" signifiant "esprit illuminé" et "sattva" "être". La voie du bodhisattva est d'une grande complexité et d'une grande diversité ; d'une certaine façon, elle est également une contradiction dans les termes. Par exemple, de nombreux grands Maîtres du Mahayana sont illuminés et considérés comme des bodhisattvas. Le terme "bodhisattva" signifie "être illuminé", comme cela a déjà été souligné. Lorsqu'il est illuminé, le bodhisattva est parfois nommé "mahasattva". "Maha" veut dire "grand" et "sattva" "être". Vous voyez donc que, bien que le vu affirme que le bodhisattva ne réalisera pas l'illumination, ce sont bel et bien des êtres illuminés. C'est si merveilleux, si clair, et cela laisse la porte grande ouverte à toute possibilité ! Ici, il n'y a pas de place pour le dogme. Ce système est une structure, comportant toutefois une faille, qui, si minime soit-elle, suffit à drainer tous les dogmes vers l'extérieur. Les bodhisattvas ne sont pas seulement un ordre de moines, de religieuses et de chefs de famille : il est bien connu qu'un pont, un morceau de tissu, un insecte ou un morceau de nourriture peut également être considéré comme un bodhisattva. Ce point est en accord avec la merveilleuse formulation de Neem Karoli Baba : "Dieu est un morceau de pain, pour le pauvre". Comme nous l'avons déjà mentionné, l'ordre du bodhisattva tisse la trame du système Mahayana du Bouddhisme. Ceci est une autre contradiction, mais qui de toute évidence, n'en est pas une au bout de compte. Le Mahayana est le Grand Véhicule du Bouddhisme. Il est l'illumination directe, l'école non duelle de la totalité. Aussi, comment se peut-il que le non-dualiste puisse faire vu de sauver les autres, alors que dans la véritable conscience illuminée, il n'y a certainement pas de "vous" et "d'autre" ? Personne à illuminer, personne étant illuminé. Les Maîtres du Mahayana qui ont répandu leur lumière par la voie du bodhisattva sont ceux dont les paroles ne meurent pas, même sur un temps incommensurable. Il y en a qui sont pareils à Mahakasyapa, Subhuti et Bodhidharma, le père du Ch'an (devenu plus tard le Zen), pour n'en citer que quelques-uns. Comment peuvent-ils, après une réalisation totale, envisager de libérer des êtres, sachant qu'il n'y a aucun être à libérer ? Parce qu'ils ont réalisé en profondeur que l'illumination ne fait rien qui efface la vie ; la vie continue encore, changeante, changeante, changeante, dans la lumière de l'essence non obstruée, absolue. Bien que l'impermanent et l'éternel semblent bien être deux et avoir une expression complètement différente, ils sont une seule essence inséparable. Voilà ce que les sages ont réalisé. Bien qu'il n'y ait aucun doute sur le fait que les phénomènes ne sont enracinés nulle part, il est indéniable qu'ils continuent à apparaître. Même si le vu du bodhisattva semble présenter des contradictions apparentes par rapport à la non-dualité, en fait, il n'en est rien. Quand l'esprit se trouve dans le silence et la vacuité, il n'y a pas de bodhisattva et pas de vu, pas "d'un" et pas "d'autre". Et pourtant, c'est par une inspiration embrasée par l'altruisme, par une transmission pure de l'illumination absolue pour tous les êtres sensibles, que vit le bodhisattva au cur de diamant, pour l'Eveil de tous. Cet article est tiré du livre Le Gayatri Mantra, paru en français en mai 2002. Pour commander le livre et le CD : Jivanjili
ShantiMayi© 1999 |
|
| <--- | |
|