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UNE REVITALISATION
Je me souviens qu'il y a de nombreuses années de cela, alors que je parlais à Londres, j'ai reçu un coup de téléphone d'un homme qui m'invitait chez lui pour le thé. J'étais assez occupée à ce moment-là et n'avais pas le sentiment de pouvoir libérer du temps. Je le lui dis et il me répondit qu’il me téléphonerait à nouveau pour voir si cela pouvait changer.
Il me rappela effectivement et, cette fois, il me donna son adresse. Je regardai où se trouvait cette adresse sur un plan de Londres. Il habitait loin, de l'autre côté de la ville. Je supposai qu'en train et en métro, cela prendrait plus d'une heure pour m'y rendre. Je pensai qu'il s'agissait d'un si long voyage que je répondrai à nouveau par la négative lorsqu'il me retéléphonerait.
Il appela à nouveau et, cette fois, il me convainquit de venir. Comme il était si inflexible à ce sujet, eh bien, finalement, je décidai que je devais accepter son invitation. Nous nous mîmes donc d'accord sur l'heure. Comme je m'en doutais, cela me prit une grande partie de la matinée de traverser la ville et de trouver sa maison.
Une fois cette mission accomplie, je me retrouvai en train de frapper à sa porte.
Je fus surprise de découvrir un homme plutôt petit, approchant les 90 ans, ou les ayant même peut-être dépassés, debout devant moi. Il me souhaita la bienvenue et m'introduisit chez lui. Il m’invita gracieusement à m’asseoir à une table dressée pour un thé formel. Après m'avoir servie, il disparut pendant un moment.
Lorsqu'il revint, il était vêtu de fluides vêtements blancs. Il me servit à nouveau puis se dirigea vers le centre d'une zone grande et spacieuse dans la pièce. Il commença à tourner, dans un cercle restreint, lentement et avec grâce. Puis, alors qu'il prenait de la vitesse, ses vêtements commencèrent à onduler comme des vagues autour de sa taille. Des volutes longues et fluides créaient une roue autour de son corps, qui tournait avec lui. Des cercles qui enfantaient des cercles.
On pouvait entendre le bruit de son vêtement emporté par vents et courants (flap, flap, flap !), en rythme. La lumière de midi se glissa par une fenêtre et, d’en haut, comme un projecteur, l’inonda. Je regardai, clouée sur place, ce vieil homme tournoyer, tournoyer et tournoyer. Pourtant, les minutes fondirent hors du temps et, lorsque j'y pensai, je réalisai qu'il avait virevolté un peu plus d'une heure. Il ralentit son mouvement et s'arrêta face à moi. Sa tête s'inclina profondément dans un moment de silence et d'immobilité.
Puis, il me regarda et un sourire immense éclaira son beau visage âgé. Je lui demandai : « Dites-moi, comment faites-vous cela ? » « Je reste centré », dit-il en regardant droit à l'intérieur de moi de ses yeux pénétrants et scintillants.
Oui, voilà, il en est ainsi, la source de vitalité, l'Esprit, coule depuis notre centre comme une rivière coule à partir de sa source. Lorsque nous cheminons depuis l’Esprit, notre vitalité est naturellement accrue, revigorée et à notre disposition dans la vie quotidienne. De grandes âmes, dans le monde entier, ont compris ceci depuis le tout premier jour.
Les hommes et femmes-médecine des Sioux lakotas (du sud du Dakota) disent que l'équilibre, dans notre vitalité, provient du médicament juste et que le médicament juste nous met en contact avec l'Esprit. Le derviche tourneur qui vit à Londres était âgé, mais il évoluait comme un jeune homme. En fait, il était en méditation lorsqu'il tournait. En d'autres termes, il était porté par les courants de sa vitalité naturelle.
Prenez en considération la dynamique d’une roue qui tourne ! Imaginez-en une assez grande pour que vous teniez debout dessus. Exactement en son centre, le mouvement est réparti de façon égale, vous êtes stable et centré. Vous pouvez aussi observer que, si vous centrifugez un liquide, il est invariablement entraîné en tournant vers le centre exact. Cependant, si vous vous éloignez du moyeu, si vous vous dirigez vers une toute autre partie de la roue pendant qu'elle tourne et si vous tentez d'y trouver votre équilibre, vous le perdez, chancelez et êtes instantanément éjecté. Ou alors, vous devez tenir bon avec détermination sur la roue. En d'autres termes, vous devez mobiliser toutes vos forces pour rester sur la roue et il est probable que vous ne soyez pas en mesure de le faire parce que vous êtes épuisé de votre effort même.
La situation est la même dans notre vie quotidienne. Lorsque nous nous éloignons de notre centre, nous nous déséquilibrons aisément et il se peut que nous perdions contact avec notre source intérieure de vitalité, en tentant de maintenir une unité dans notre monde extérieur. Nous devenons hagards de toujours vouloir pousser plus loin et nous nous sentons accablés par le fardeau de toutes les responsabilités que nous pensons avoir (ou que nous nous sommes créées). Pourtant, si nous prenons juste un peu de temps pour régénérer notre vitalité en nous rassemblant dans un instant de détente profondément paisible, alors (pratiquement instantanément), nous pouvons faire face avec aisance à tout ce que la vie nous apporte.
Ceci est très important. C'est un élément dans notre vie que nous négligeons souvent, ou bien nous pensons qu'il vaut mieux que ce soient les autres qui y pensent pour nous.
Il s'agit de la méditation.
La méditation peut amener un renouveau énergétique (relativement) rapide à pratiquement quiconque qui s’accorderait 10 à 20 minutes de pause paisible. Ce peut être accompli quotidiennement, et au moins plusieurs fois par semaine pour améliorer et affiner la pratique. Ceux qui veulent plus qu'une élévation rapide de l'énergie (naturelle), qui désirent la paix par exemple, un esprit plus vif et une stabilité émotionnelle, peuvent trouver là une « nouvelle façon » de percevoir la vie. Consacrer un peu de temps à la pratique de diverses méthodes de méditation leur procurera assurément des bienfaits. Partout, les gens apprennent la méditation. Les écoles, les entreprises, les hôpitaux et même les fonctionnaires sont encouragés à prendre (comme l'une des brochures du gouvernement l'explique) un « temps de calme » pour un renouveau d’énergie. Les médecins trouvent que le fait de méditer aide considérablement au traitement médical de leurs patients (comme les hommes et femmes-médecine lakotas le disent).
La productivité et la créativité augmentent lorsque les individus font émerger leur vitalité naturelle. Elle forge également la confiance en soi. Donc, la méditation n'est plus uniquement réservée aux moines, aux nonnes et aux groupes religieux. Elle s'adresse à tout un chacun.
Ce vieux derviche tournait comme un tourbillon de vent, grâce à la puissance de sa stabilité intérieure et à la paix profondément indéfectible en lui… à l'intérieur.
Permettez-moi de vous offrir un « moyen » d'entrer dans votre propre présence empreinte de paix. Là, vous pouvez plonger dans votre vitalité naturelle et vous en ressortirez frais et tout neufs.
Voilà une petite méditation pour que vous fassiez un essai.
Observez simplement par vous-même si ce que je dis est vrai.
Suggestion de méthode
1. Choisissez un endroit calme où vous ne serez pas dérangés.
2. Donnez-vous 10 à 20 minutes. Le temps que vous prendrez dépend de vous, mais accordez-vous le temps qu’il faut. Vraiment vous donner à ce moment, complètement, fait partie de la démarche.
3. Débranchez les téléphones fixe et mobile, la radio et/ou la télévision.
4. Asseyez-vous confortablement dans l'endroit que vous avez choisi. Asseyez-vous droit, mais de façon pas trop rigide et sans non plus pencher vers l'avant. Sentez votre corps quand vous commencez à vous relaxer. Je veux dire : prenez vraiment un moment, et sentez votre corps se détendre vraiment. Sentez vos muscles et votre mâchoire se relâcher.
5. Prenez quelques respirations lentes et profondes, en libérant toutes les tensions qui peuvent être présentes à l'expiration, puis commencez à respirer naturellement par vos narines, bouche fermée. Observez simplement le mouvement de votre souffle. Sentez le souffle remplir vos poumons et observez l'expiration aussi, doucement et naturellement. Maintenant, détendez-vous encore plus profondément. Apprenez à vous détendre à l'inspiration et à l'expiration. Sentez la paix dans votre relaxation et dans l'observation de votre souffle.
6. Maintenant, tout en continuant à faire ceci, ouvrez vos oreilles et écoutez simplement les sons de votre environnement.
7. Quand des pensées viennent, observez simplement comment elles disparaissent l'une dans l'autre et revenez à votre souffle.
Asseyez-vous pour cette méditation au moins 10 à 20 bonnes minutes. Lorsque vous sentez que le temps a passé, prenez quelques minutes pour savourer le silence que vous avez créé pour vous-même.
Revenez lentement à votre routine. Peut-être apprécierez-vous un verre d'eau en toute tranquillité ou quelques secondes de plus pour écouter.
Plus vous vous détendrez, plus vous serez en mesure d'expérimenter la paix. Votre conscience également s'affinera lorsque vous vous concentrerez sur votre inspiration et votre expiration, permettant à vos pensées de défiler comme des nuages qui passent dans le ciel.
Une petite pratique, simplement, vous fera certainement du bien.
Dans votre méditation (qui est un bon médicament), vous toucherez littéralement l’Esprit de votre vitalité intérieure. « Toucher », dans ce cas, signifie que de votre méditation s'ensuivra le rétablissement de votre équilibre, de votre endurance et de votre rayonnement innés. Cela vaut certainement le temps que vous y consacrerez.
Lorsque je quittai la maison du derviche ce jour-là, il me remercia d'être venue. Je le remerciai aussi pour sa délicate offrande. Au cours de nos adieux, il dit : « Eh bien, vous savez, lorsque l'on sort du centre, on est sorti du centre, et lorsqu'on y est, on y est ; c'est aussi simple que cela. »
Cet article a été écrit pour le magazine Nova à Perth (Australie), en août 2004.
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