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ShantiMayi - The Un-Spun Web

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ShantiMayi

Le véritable apprentissage et le véritable enseignement

L'examen de l'observation des Anciens aujourd'hui


La véritable question de l'enseignement et de l'étude est aussi ancienne que la pierre et l'eau. De même que la pierre et l'eau n'ont jamais besoin d'être révisées pour être renouvelées, il en va de même pour la véritable spiritualité.
L'intégrité de l'enseignement et de l'apprentissage remonte loin en arrière et tire vers l'avant dans une même poussée. Rien n'a changé depuis des temps immémoriaux, pas même de la largeur d'un cheveu, au sujet de l'illumination authentique.
Dans une lettre à son disciple, Yuan Wu guide clairement son étudiant illuminé sur la voie des véritables enseignants et des véritables étudiants.
Il écrit :

"Les véritables enseignants transforment et peaufinent leurs étudiants des centaines et des milliers de fois. Chaque fois que l'étudiant a des attachements déplacés ou des sentiments de doute, l'enseignant les dissipe et les perce, et pousse l'étudiant à pénétrer dans les profondeurs et à lâcher prise de tout, afin que celui-ci puisse réaliser l'équanimité et la paix dans l'action. Les véritables enseignants transforment les étudiants afin qu'ils puissent parvenir au stade où l'on ne peut être brisé, comme un sac de cuir qui peut résister à n'importe quel choc.
Ce n'est qu'après cela que l'enseignant Zen laisse sortir l'étudiant transformé pour prendre soin des êtres et les aider. Ceci n'est pas une mince affaire. Si l'étudiant est incomplet à quelqu'égard que ce soit, alors le modèle n'est pas bon et l'étudiant immature sort complètement inégal, plein d'excès et de déficiences et paraît ridicule aux véritables adeptes.
Par conséquent, afin d'enseigner le Dharma, les Anciens dignes de ce nom travaillaient pour atteindre la complétude, la justesse et la clarté sur toutes les facettes. Ceci signifie à l'intérieur, avoir sa propre pratique aussi pure que la glace et le jade, et à l'extérieur, avoir, en alternance, une maîtrise complète et parfaitement harmonieuse des techniques, une vision judicieuse de tous les êtres humains et l'habileté.
Lorsque de tels adeptes rencontraient de potentiels étudiants, ils examinaient chacune des questions sans exception en termes du Fondamental. Lorsque les étudiants finissaient par comprendre, alors les enseignants employaient des techniques pour les polir et les peaufiner. C'était comme verser de l'eau à partir d'un vase dans un autre vase, avec une attention suprême, pour ne pas en renverser une goutte."

Cette déclaration est tirée du livre "Zen Letters" de Yuan Wu, Shambala Press.

Commentaires de ShantiMayi :

Cette merveilleuse déclaration de Yuan Wu est une inspiration pour les véritables enseignants et les véritables étudiants sur "la voie". C'est un rappel que l'apprentissage constitue (pour la plupart) une grande entrée dans la réalisation de la Vérité. C'est également une déclaration très directe sur le fait d'enseigner le Dharma et sur la justesse et l'exactitude qui sont requises dans la transmission de l'insaisissable joyau de lumière à l'étudiant. Pour s'ouvrir réellement, pour dépasser les limites du conditionnement et des opinions, pour véritablement comprendre que la grande question fondamentale de la vacuité de nature propre et de la totalité représente la plus grande possibilité dans la vie. Déverrouiller le cœur et aimer dans la lumière neutre de l'équanimité, c'est une aspiration complètement ahurissante, dans ce monde de passe-temps superficiels. La spiritualité est notre quête intérieure la plus profonde. Rien n'égale la Noble Sagesse, à l'intérieur de soi. Mais qui vous guidera ?

"Il est dit que si les pieds sont dirigés dans la mauvaise direction,
dès le départ,
alors le reste du voyage est mauvais."

ShantiMayi :

Au cours des dernières années, la communauté spirituelle a été inondée de nombreux "enseignants" qui sont incomplets à tous égards ; et comme "le modèle n'est pas bon" et que "l'enseignant immature sort complètement inégal et plein d'excès et de déficiences", que dire de l'étudiant ! Bien sûr, ceci n'est pas vrai pour tous les enseignants, mais il en existe suffisamment qui sont dans ce cas pour que ce soit vraiment dérangeant. Comment un enseignant peut-il donner le sceau de l'illumination à une autre personne, quand il est lui-même immature ? Et comment les étudiants sincères peuvent-ils s'y prendre, pour reconnaître un enseignant "encore vert" ? Habituellement, ils ne le peuvent pas, mais souvent, ils dépasseront la situation avec le temps, si le feu de l'intérieur fait rage. Certains enseignants considèrent même, ces jours-ci, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un Maître pour réaliser la Véritable nature essentielle de l'existence. Pour un véritable étudiant, un véritable Maître est essentiel et représente un trésor inestimable. Il est dit dans l'Avatamsaka Sutra que "l'illumination est pareille à un joyau dissimulé dans l'obscurité de la nuit. Même le sage ne peut la dévoiler sans l'aide d'un Maître." Alors la question est de savoir qui peut enseigner et qui peut donner des Satsangh ? Bien sûr, n'importe qui peut enseigner et n'importe qui peut donner des Satsangh, mais trop souvent, cela a peu à voir avec la richesse et la réelle profondeur de la Vérité qui se dévoile. Malheureusement, le plus souvent, un enseignant immature offre à peine un peu plus qu'une nouvelle sorte de bagage, appelé conditionnement spirituel. Et pourtant, il n'y a en réalité aucune règle dans la recherche de l'Eveil. Si le son d'un caillou tombant sur le bord du trottoir peut illuminer, alors l'illumination ne dépend assurément pas de qui que ce soit ni de quoi que ce soit. Cependant, les enseignants ont la responsabilité d'offrir un fruit mûr qui peut être digéré et qui nourrira l'étudiant. La vie est le Maître, le cœur est le Maître, mais un guide qui sait marcher sur la voie, même les yeux bandés, est essentiel.
Celui qui enseigne ne doit pas entraver. Récemment, un homme qui était incertain sur le plan spirituel et relativement inexpérimenté a affirmé : "si j'enseigne, je peux apprendre en même temps".
En Ch'an, ceci est appelé "marcher devant l'âne, mais derrière le cheval".

"Par conséquent, afin d'enseigner le Dharma, les Anciens dignes de ce nom travaillaient pour atteindre la complétude, la justesse et la clarté sur toutes les facettes. Ceci signifie à l'intérieur, avoir sa propre pratique aussi pure que la glace et le jade, et à l'extérieur, avoir, en alternance, une maîtrise complète et parfaitement harmonieuse des techniques, une vision astucieuse de tous les êtres humains et l'habileté."


ShantiMayi :

Un jeune étudiant m'a demandé il y a plus d'un an si je lui permettais de donner des Satsangh. La réponse a été "non, pas encore". Les Satsangh ont été quand même donnés, avec des vagues et des oscillations sans aucune stabilité ; par conséquent, tout le monde est influencé par les vagues et les oscillations et n'a pas de stabilité. Rapidement, ses étudiants vont également enseigner. Mais la texture du Dharma est absente et le véritable sommeil est alors pris pour le véritable Eveil. La pureté de la glace et du jade n'est que le commencement.

"Lorsque de tels adeptes rencontraient des étudiants potentiels, ils examinaient chacune des questions sans exception en termes du Fondamental. Lorsque les étudiants finissaient par comprendre, alors les enseignants employaient des techniques pour les polir et les peaufiner. C'était comme verser de l'eau à partir d'un vase dans un autre vase, avec une attention suprême, pour ne pas en renverser une goutte."

ShantiMayi :

Chacun procède à sa propre manière, chacun est unique. Un enseignant qui est un véritable serviteur du Dharma comprend par sa propre bonne volonté comment exceller ; il comprend ce que cela demande, de se dilater sur la spirale sans fin de l'illumination et de la maturité. Un tel être guide son étudiant de la même manière. Un Maître auquel il a été demandé de s'abandonner entièrement peut enseigner à ses étudiants la valeur du renoncement. Celui qui a tout donné a tout à donner. Il s'agit de la plus pure des alchimies, et donner sa vie pour guider les autres sur la voie de la grande expérience est une chose vraiment rare. Et rare est l'alchimiste qui peut changer le métal de base en or. La transformation du caractère et la vue intérieure pleinement ouverte et non obstruée ne sont pas automatiques. C'est par une illumination authentique que le véritable enseignant tire le véritable étudiant hors de l'hallucination, en exposant l'illusion et en le menant vers la grande expansion. Le transfert de la sagesse est une démarche aussi prudente que celle-ci. Et sans aucun doute, rien n'est laissé au hasard, même le plus insignifiant.

ShantiMayi

Cet article de ShantiMayi a été écrit pour le magazine "Wegweiser" en octobre 2000 et a été publié en langue allemande.

 

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